Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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Rectiligne rouge

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Je trouve assez édifiant que l'acte de refuser un verre de vin ou de bière soit systématiquement suivi de quelqu'un qui vous demande: « Tu ne bois pas d'alcool? » L'air surpris, suspicieux, inquiet, l'air de se demander ce qui cloche avec vous, deux yeux – quand ce ne sont pas ceux de toute une tablée – vous fixent alors d'une impressionnante intensité et vous voilà sous les feux d'un interrogatoire musclé, où l'on pourrait presque croire qu'il en va de votre réponse comme du sort de la soirée, la teneur de vos paroles pouvant précipiter la suite dans un indescriptible chaos ou ramener la paix dans les têtes échauffées. Une phrase courte et vague sur des motifs de santé devraient vous permettre de faire tomber la tension soudaine suscitée par votre dangereuse affirmation, les muscles de vos interlocuteurs s'affaissant d'un perceptible soulagement... Tandis que l'affichage assumé d'un choix personnel vous met dans une situation à haut risque: la présence d'un membre d'une telle minorité peut en effet provoquer une disharmonie sociale quasi insupportable, le groupe s'arrangeant alors à tout mettre en œuvre pour tenter de vous ramener dans le troupeau, sur le droit chemin – surtout quand ses membres sont d'ors et déjà incapables de suivre une trajectoire rectiligne... Vous l'aurez donc compris, si vous cherchez à vous faire remarquer en soirée, à passer pour quelqu'un d'étrange, éveiller des curiosités innombrables, faire jouer un nerf sensible de votre entourage, ou souhaitez tester votre résistance à un habitus social aussi transparent que tabou, ou encore simplement vous amuser à observer les inévitables réactions d'éveil et de vigilance sur la physionomie d'autrui (les expressions du visage sont coquasses, il faut dire...), c'est très simple, il suffit de refuser le verre d'alcool qu'on vous propose... Dites-moi, quelle autre substance suscite pareils échanges? D'ailleurs, si vous avez bu un peu et qu'il vous vient l'envie de vous arrêter, que vous n'en avez simplement plus envie, admirez avec quelle ferveur l'on va maintenant s'occuper de vous pour vous convertir au dernier verre, à la dernière goutte, à l'ultime lampée... Vous a-t-on jamais fait pareil cirque pour un fond de thé froid? Dans mon rire il y a de la tendresse, de la colère et quelques frissons qui me parcourent l'échine.

 

 

c'est comme ça


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D
Je compatis, faisant partie de la minorité qui ne boit ni ne fume.Je crois que les plus vigoureuses tentatives de "conversion" l'ont été lorsque j'ai refusé d'avaler de cet infâme breuvage qu'on<br /> appelle champagne, comme si je refusais de boire le nectar de l'Olympe: sacrilège! J'ai bien tenté l'essai, mais même l'alcool dans le sirop pour la toux me ravine la glotte. Je suis incurable!
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C
<br /> <br /> oui, toujours un intéressant défi de congruence intime n'est-ce pas! Participer à la liesse tout en refusant le nectar, tout un art !! ;-)<br /> <br /> <br /> <br />