Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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18 - De là où je suis



Troubadour, sur la route, à récolter les grappes d’images qui pleuvent. A se coltiner le chemin, la pieuvre démente sous la semelle usée. Un glaviot s’écrase dans la poussière, un caillou vole shooté par une pointe de dépit, petit bout de matière payant pour l’inconsistance du reste. Les pas n’ont pas d’adresse, sinon le sol, pas de motif sinon l’équilibre. Ce monde fait une drôle d’histoire à habiter. Difficile de ne pas s’y donner des raisons, des excuses et des explications. Mais on peut tout aussi bien lire les nuages. On peut tout aussi bien plonger la main dans la vase, en espérant tirer du limon la fin du doute, la fin de l’espérance – le début du présent. C’est à ne plus croire en grand chose. C’est à entrevoir l’infini du trouble, le vide entre les parois rachitiques du réel. Rire ou pleurer de l’être devenu semble d’une dérisoire prétention, le dépassement est tel qu’il semble illusoire d’en toucher le moindre bout. En quoi suis-je fait de ma décision ? Jusqu’à quel seuil la force de mon choix porte-t-elle mon visage ? Le vertige de cette distance qui s’installe, lèvres interdites devant l’interrogation, signaux d’un lointain qu’aucun sentiment ne résume, qu’aucune parole ne traduit. Le caillou roule plus loin, va se perdre sur l’étendue de gravillons, pauvre tapis qui mène aux prairies attendues, où l’explication tombe dans l’oubli.

 

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G
Troubadour, sur la route, à récolter les grappes d’images qui pleuvent. A se coltiner le chemin, la pieuvre démente sous la semelle usée.<br /> <br /> <br /> J'aime beaucoup cette première phrase , Rimbaud aurais pu la dire ou l'écrire dans sa fugue vers les contrées lointaines et isolées ;<br /> <br /> je ne connais rien en littérature , mais , j'apprécies ta plume au fil de mes passages ;<br /> <br /> HS : j'ai vu ton article MAB , je ne participe plus au collectif , donc je voulais juste dire <br /> que ton texte me fait penser à un arbre qui médite sur son état , ca parait farfelus , mais c'est l'image que j'ai eu de ton texte , je ne sais d'ou cela me vient , mais je traduit souvent les choses par l'image , c'est pas forcément juste . <br /> <br /> <br /> amicalement <br /> <br /> Gari
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C
<br /> Un arbre qui médite sur son état... J'aurais pas dit farfelus, du tout ! L'image me plait bien, racines ancrées au sol, branches et feuilles dans le mouvement des<br /> saisons..<br /> M'étonne pas trop que ce soit des images qui te viennent ! ;-)<br /> Merci pour ton mot Gari<br /> <br /> <br />
S
Vertige bellement ouvragé de l'absurde contingence... Rien n'a de sens, en effet, si ce n'est celui que nous lui donnons; il n'en est que plus précieux. Sans quoi c'est l'insensibilité de "L'étranger" de Camus qui nous recouvre. <br /> Je veux croire que nous ne sommes pas prédéterminés par nos gènes et notre condition, et que nos choix portent bien notre visage. En dépend notre humaine liberté.
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C
<br /> C'est bien là que j'étais, content d'y avoir été entendu. Et je partage la représentation, avec la question des proportions, qui paraît tout de même bien maigre<br /> souvent... N'empêche, prenons-là !<br /> <br /> <br />
S
Sublime... Troublant... De circonstance...<br /> Me permets-tu un petit hommage sur ma page ?
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C
<br /> Que dire !?? Bien sûr ! C'est très touchant, confondant. Je ne sais plus trop où me mettre, sensation d'avoir les mains qui cherchent un endroit où se poser... Grand<br /> merci ce morceau de reconnaissance..<br /> <br /> <br />
L
J'aime cette apologie du doute.<br /> Le doute est l'ombre du désir: ils marchent de pair, comme le pied droit et le pied gauche.
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C
<br /> et spontanément je vois un homme qui marche à cloche-pied, passant de l'un à l'autre au bout de la fatigue !! ;-) Au bout du désir, le doute, au bout du doute, le<br /> désir !??<br /> <br /> <br />
L
J'aime cette apologie du doute.<br /> Le doute est l'ombre du désir: ils marchent de pair, comme le pied droit et le pied gauche.
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