Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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Carnet d'observation




Au pied de ce temps, se joue le chargé de vie. Là, au bord des instants, sur la frange qui s’enroule, tout contenu au frêle passage. Chaque réponse ne se donne qu’à la merci de ce glissement sans fin. Chaque appel ne s’entend qu’au présent de cette fuite éternelle. Rester donc sur le fil, en équilibre sur la maigre parcelle de consistance qui seule peut rendre compte de ce qui est. Dans l’organisation éphémère des sens se dépose, décompose et recompose, toute la complexité du vivant en jeu, comme une trace, une empreinte. A peine déchiffrable, elle disparait pour celle qui la suit, revient, laisse dans l’atmosphère un parfum mystérieux, se métamorphose peut-être. Compréhensible, elle s’installe et résiste jusqu’à prendre corps dans les gestes de celui qu’elle visite, ou meurt de n’avoir pas été reconnue. Au bord des instants, tout s’annonce, là. Il pourrait n’y avoir qu’une suite d’élan, que les pensées laisseraient libre de se développer, d’être accueillie. Une suite d’envols, de retraits, d’approches, d’hésitations, dont rien n’endiguerait le déploiement intérieur, dont nulle instance ne viendrait contraindre ou déformer le message. La possibilité d’advenir à l’écoute, au ressenti, en une âme prête à s’affranchir de ce qui n’est pas de son ressort, des vies qui ne lui appartiennent pas, dont elle n’est pas responsable, créerait un rapport d’infinie créativité au monde. Les cadres communs voleraient en éclat sous l’assaut de cette force vive, de ce mouvement libre d’être ce qu’il est, d’assumer la vitalité dont il est fait, au-delà des consensus et des conforts, sur la brèche du temps, au bord des instants, à la porte d’une pleine existence.

 

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L
Très belle photo qui m'évoque la rêverie !<br /> Figer l'instant d'une vision, les indiens croyaient que la photographie était un capteur d'âme, entre mots et images, le temps n'existe plus.
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C
<br /> Ce nuage... il fallait que j'en fasse quelque chose ! C'était pour le coup lui qui capturait mon âme, et tiens, je pourrais dire que le photographier m'en a comme<br /> libéré, m'a comme apaisé de son impression sur moi.. Les indiens ne sont jamais très loin (aucune idée de pourquoi je dis ça !)<br /> <br /> <br />
L
L'image comme le texte m'évoquent une silhouette en manteau de pensées battant au vent. Etonnant comme deux éléments peuvent en produire un troisième… Ou comment le lecteur/spectateur complète l'œuvre, lorsqu'on lui en laisse la place. C'est ma découverte du jour…
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C
<br /> En laisser la place... Tout l'enjeu n'est-ce pas ! S'il y a de quoi ici, c'est que la quête ne fut pas vaine... Merci Annick, et j'aime beaucoup l'image née de la<br /> rencontre, ce tiers léger...<br /> <br /> <br />
S
"Il ne suffit pas seulement d'aimer ce que l'on fait, il faut encore savoir comment faire l'amour..." Henry Miller.
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C
<br /> et il a su faire ce qu'il aimait, le bougre ! Dans une apparente (littéraire) liberté de mouvement... J'aime bien retrouver ce vieux pote par ton<br /> intermédiaire...<br /> <br /> <br />
P
J'aime beaucoup cette image... un mélange d'oppression et de liberté...
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C
<br /> Oppression et liberté... ouais, ça me parle bien !<br /> <br /> <br />
F
quel voyage... et quels nuages... c'est très beau! bises
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