Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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19 - De là où je suis



Au fond d’un ravin, la seule voie possible, et les jambes molles, l’épuisement jusqu’au sable entre les dents. Quand l’étau des os comprime chaque respiration, que le ciel n’a plus de place pour laisser passer les migrations d’humeur, la tête comme une enclave perdue au fond d’un gouffre. La Terre est étroite, la vie rétrécit comme peau de chagrin. Le langage même perd ses alternatives, le mot manque, l’adresse fait un bide, il n’y a plus que ta propre bouche, ta faim qui creuse dans tes propres muscles ce qu’elle ne trouve plus ailleurs. Il y a des trous partout, des médecines en béquille qui ne peuvent porter le poids de ce qui doit être traversé. Au bord de quelque chose, un grand vase sombre où la nuit est tendue à tout rompre, où les voiles se dressent comme mortes dans l’air sans mouvement. A mettre le doigt là où ça fait mal et c’est comme le cœur qui se retourne, je voudrais pouvoir tirer dessus comme on tire sur un rideau, arrêter la scène, rendre aux illusions cette souffrance trop morbide pour être réelle. Et l’on se ramasse la butée solide, sans arrêt. Où ira ce corps malade, en quel port de secours portera-t-il son mât brisé, son équipage à l’agonie ? Il dira, déjà change les cordonnées de son plan de route, bifurque légèrement, sous la simple pression de cet aimant noir qui déforme l’espace, comprime le temps, avale la lumière.

 

 

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L
Tu l'as prise en conduisant, cette photo? Pas prudent 8/<br /> De l'aimant noir, se dévident tes mots, tes maux: il tire, attire… Au bout du tunnel, le désir?
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C
<br /> oui, pas très sage hein...<br /> Toujours, au bout du tunnel, le désir - stupéfiant...<br /> <br /> <br />