Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

Ta parole contre la mienne, grand silence vaniteux.
Ta lumière contre la mienne, folle opacité d’immatière.
Une force tranquille, là-bas ---- une lutte qui ne sert qu’à tenir, ici. Nulle victoire jamais, de rémission en rémission, seulement. Ma parole dans tes silences, tes silences dans ma parole. Ma lumière dans ton opacité, ton opacité dans ma lumière. Tour à tour.
Il y a une rencontre de chair à vide, de cœur à pierre. Télescopages des considérations aux au-delàs des morales.
O comme ces pont suspendus à deux bouts de néants sont douloureux de vertige, nauséeux d’insensé. Au moment où les dernières évidences senties – grumeaux de lien à soi – fondent et disparaissent dans le noir liquide de cette vase phagocyte. Chaque parcelle du corps entiché de vie, engourdie dans les visqueux remous, chaque parcelle fait l’indifférence, étrangère au monde, chaque parcelle souligne l’absence. Il ne reste qu’une respiration pour faire le pas jusqu’à demain, une suspension en arrêt, un silence sur la portée.
Puis, de retour aux affleurés de peau, chaque note fait un royaume, chaque brise une présence, la même misère un monde habitable.