Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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Motifs et causes



C’est après, parfois, qu’il se passe quelque chose. Parfois, c’est après avoir marché qu’il se passe quelque chose. Comme cette joie, maintenant, une joie gratuite qui m’est venue soudainement, sans raison. Cette fois, justement, c’est après avoir marché qu’une joie s’est emparée gratuitement de moi. Quand je dis gratuitement, c’est que je ne comprends pas pourquoi. Je dis gratuitement parce que je n’ai rien fait pour la mériter, et la voilà qui me tombe dessus comme un vent frais et léger, rendant toutes choses plus légères et plus fraîches, rendant la vie aussi fraîche et légère qu’une brise passant accidentellement par là. C’est vrai, c’est une joie sans motif celle qui m’est venue soudainement. Je n’ai aucun motif à être joyeux, maintenant, après cette marche, pourtant pourrais-je un seul instant nier ce sourire intérieur, ce rayonnement d’énergie et de légèreté qui s’est emparé de moi ? J’ai plutôt marché à contrecœur, pour tout dire, je suis allé marcher pour l’effort, pas pour le plaisir, c’était une marche décidée et j’ai marché sans joie. J’ai décidé d’aller suer toute la saleté de mes ennuis, de décrasser mes veines du remugle pourrissant de mes ennuis. Peut-être est-ce pour cela, cette joie après la marche, peut-être cela a-t-il marché, cette intention poétique de faire la vidange, cette impression de pouvoir décrasser mes artères, dégager les scories de mes turpitudes en suant un bon coup, en suant à force de marcher contre la pente et la chaleur, sans plaisir, sans joie. C’était le motif de ma marche, mais est-ce la cause de ma joie ? Peut-être, et puis quoi. On s’en fout, je m’en fous, je pose la question pour la poésie, pour jouer avec le rythme des questions qui s’enchevêtrent et s’emmêlent, se retournent sur elles-mêmes gratuitement, pour m’enrouler encore un moment dans la joie qui me tient dans sa légèreté et me donne envie de m’amuser avec les choses, avec la vie, avec les mots. On ne va pas s’excuser d’être joyeux, même si c’est gratuitement ! Manquerait plus qu’à devoir payer sa joie pour la vivre joyeusement, merde, ce serait la meilleure. (Ce n’est pas par hasard que je dis cela, ce n’est pas tout à fait gratuit comme propos).


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L
Ha oui.<br /> J'ai remis la fonction.
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C
<br /> cool !<br /> <br /> <br />
L
A bientôt Complexus, je ne suis pas pressée.
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C
<br /> Voire même patiente.. ;-)<br /> <br /> ...eh mais on ne peut plus faire de commentaire sur ton blog ?? (11 sept)<br /> <br /> <br />
S
Bien contente pour vous de cette joie inattendue ! Sans doute avez-vous expérimenté ce qu'explique Alain en commentant Spinoza : "c’est une nature qu’on perçoit, forte, équilibrée, suffisante. En rapport avec le tout, mais non point par ces vues extérieures et abstraites qui font le savant ; au contraire, par l’idée singulière et affirmative de la chose, ou par l’âme de la chose, directement contemplée. C’est l’autre vrai, le vrai sans paroles. (…) Il m’est signifié par le poète que la mort n’est rien, et que tout moment est éternel et beau si je sais voir. Chacun a l’expérience de ce bonheur soudain, étranger à la durée, et qui fait que l’on aime cette vie passagère. » <br /> Il y a dans l'existence de ces moments de grâce où l’on jouit de notre conscience et de sa place au sein du monde, de notre singularité au milieu de l’universel, de l’infinité du désir.
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C
<br /> La foi de Spinoza, son éternité (à laquelle je peux tout d'un coup me reconcevoir une spiritualité), c'est cela n'est-ce pas ? Oui ces minuscules interstices d'infini,<br /> qui permettent de surmonter la monstrueuse finitude, il y en avait un peu dans cette joie !<br /> <br /> <br />
B
Aprés.<br /> Toute notre vie, disait Pascal, se passe à attendre. Dans un fragment des Pensées consacré au temps, il explique que nous ne vivons jamais pour le présent : nous vivons un peu pour le passé mais surtout beaucoup pour l'avenir. Le fragment se termine ainsi : " Ainsi, nous ne vivons jamais, nous espérons de vivre. Si bien que nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais."<br /> Pendant.<br /> "Qu'est-ce que je serais heureux si j'étais heureux." (Woody Allen)<br /> Pas d'excuse à la joie si elle est le triomphe du désespèrement !<br /> C'est la légèreté qui fait tintamarre.
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C
<br /> L'absurdité de cette quête s'impose avec une force qui grandit chaque année ! Une autre façon de vivre le tumulte en forme les miettes. Frugal repas, mais du temps le<br /> frugal ne serait-il pas l'instant présent ?! (J'essaie, dirait-on, de formuler - comme toi - par entourloupe ma pensée !! ;-)---)<br /> <br /> <br />
L
Chaque jour est un bon jour disait l'indien sur son rocher...<br /> <br /> Moi aussi parfois je sens le don de la légèreté s'emparer de mon état bourdonnant... non pas que je me complaise dans le bourdon, mais parfois il faut ça pour émerger, pour vider tout ce poids interne... des fois je me fais rire aussi...<br /> <br /> J'aime bien quand tu es joyeux gratuitement...<br /> <br /> merci.
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C
<br /> Quelle jolie et vivante fuite que ce rire-là ! Tu me l'inspires à l'instant, sacrée soupape !<br /> <br /> Fait plaisir de recevoir cette trace LuNa, je passe toujours mais quand les mots ne viennent pas, je ne force pas... à bientôt sans doute.<br /> <br /> <br />