Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
Nous n’éclatons pas sans cracher quelques veines, sans calquer l’espace de feuilles de verre et d’embruns. Les poumons voilent l'air, l’haleine en fétide arrogance de foie. Tes tripes dans le placard ne renoncent pas. On s’indigeste à venir ainsi secouer un semblant d’annonce. Il faut des territoires, remugle rouge et boyaux d’ignition, toutes tripes dehors. Hors-d’œuvre pour les monstres, toute la boustifaille qui remue au fond du sang, dans l’arène, le cirque ouvert, ils se jettent gueule ouverte sur la bidoche. Dans la marre gluante, les pestilences d’immondice, ça mord dans le tas, ça s’arrache des morceaux d’intestin, des bribes de poumons repliés, ça suce la bile et les humeurs, et les bulles collantes leur éclatent entre les dents sales. Toutes morales suspendues, nous plongeons la main vers le sac de nœuds et de poches éventrées, les chairs moirées et chaudes glissent l’une dans l’autre, entrailles répandues aux sons moelleux, l’odeur aride griffant ton nez jusqu’à l’os, retournant le cœur d’un trait, toute la saloperie de viscères qui chante et célèbre sa morbide robe de grenat. L’œil chancelant plante ses crocs dans le caoutchouc visqueux, mâche sa vomissure en se tenant l’estomac. Nous n’irons pas loin sans cette nausée, tu ne connaîtras pas ton vrai visage sans remuer l’horreur vertigineuse qui se joue sous tes pommettes douces, ta lisse joue d’innocence.