Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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Carnet d'observation




La nourriture se trouve en ces écuelles d’instants où tout vibre enfin, à nouveau, sans durée. Au détour d’un chant, à l’orée d’une saison, sous l’arche d’une espérance, peut-être dans la plus commune des chambres, à la moins étonnante permission, quand survient, incommunicable, le flottement des perceptions où tout échappe et enveloppe. Espace sans mots où s’est fomentée l’ébauche d’une quête qui n’aurait pas de fin, et qui n’aurait d’autre outil que le langage – un gant de fourrure pour saisir quelques brindilles d’indicible, un burin grossier pour sculpter l’ineffable. Moyeu en creux de la roue sur laquelle tourne une existence, but ultime sans objet. Les cœurs du quotidien s’en sont fait une obsession, l’âme des jours perd ses rêves à la moindre distance. Privée des évocations sensibles que sa visite y insuffle, la matière positive du monde révèle avec une telle violence l’abrupte de sa consistance qu’y vivre abandonne l’esprit en terres d’absurdité. L’art d’y jouer une existence donne à frôler ces confins de désespérance, d’indéfinissable, mais pour quelques pépites dont la saveur rappelle celle d’un débris de météore trouvé au beau milieu d’un champ de cailloux. Pour quelques présences qu’aucune question ne sait désarçonner. Pour quelques incarnations dont aucun doute ne sait diminuer la complétude.

 

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L
Tout d'abord cette photo est magnifique, ce champ donne envie de se rouler dans l'herbe menue du printemps...<br /> <br /> Le texte donne un goût de "complétude" comme tu le dis.
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L
Cette fois, l'image n'est pas tournée vers l'intérieur. Elle prédomine sur le texte, et la présence de la nature dans toute sa générosité et sa luxuriance écrase le questionnement. Je me dis, en regardant l'image: pourquoi penser? Vivre, être, juste être… Verticalement, comme un arbre ou un brin d'herbe dressé vers la lumière.
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C
<br /> J'avoue je ne fais attention qu'à une vague sensation pour le choix des images, ça ne va jamais bien loin.. Mais si celle-ci t'invite à cesser de penser, alors elle<br /> dit (au moins une fois, chez toi) quelque chose de similaire à l'invitation du texte, (que je ne voulais pas questionnant, plutôt témoignant), donc la sensation se trouve validée ! ;-)<br /> <br /> <br />
S
Notre regard seul, à mon avis, donne sens et consistance au monde. Nous faisons notre monde plus qu'il ne nous fait. Par conséquent, nous sommes toujours responsables. Et responsable évidemment d'autrui, comme le dit Levinas.
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C
<br /> Tout à fait d'accord (quoique "consistance"... m'enfin, suis vraiment pas là pour débatre), par contre j'ai de la peine à faire le pont entre ce mot et le texte ?<br /> J'étais dans l'écho à votre texte sur la densité de certaines "moments"...<br /> <br /> <br />