Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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Cette note aphone




A son immédiateté reconnue, la présence se déclare, nue et véritable. Bonne ou mauvaise ne la concerne pas, seule de son phénomène, son apparition, suffisante, permise. Aux qualificatifs, sa valeur se défile, mais qualifiée, sa nature se dessine. Toute pleine de sa substance, de vide ou de plénitude, de dissemblances en mélanges, distincte en dedans du dehors, au contact de ce retour que lui prête la conscience. Un regard ouvert, qui ne la conditionne pas en jugements, la forme seulement au moule de son langage, aux limites de son entendement sans doute, mais n’est-ce pas aux frontières que la liberté se mesure ?

 

Tout objet absent du discours, quand rien ne se donne à penser, qu’aucune cible n’éveille l’attention, il reste encore l’étrangeté de ce rapport à la parole sans adresse ni propos. Evoquer ce qui se désintéresse de toute formulation, exprimer l’indifférence-même à l’exprimable. D’une bouche de silence, tirer le son de cette note aphone, où s’étouffe la nécessité narrative, et lui rendre ainsi l’écho d’une autre nécessité qui la chevauche. Nul accident ne compose ce dont est fait ce temps, échappant aux clartés des significations, cette absence n’en est pas moins pleine de sens, dirigée vers ce qui révélera les motifs de son ordonnance. Ne donnant rien à voir, elle se manifeste pourtant, toute entière, là. Elle demande à n’être en rien refusée ou dénaturée, invite au vécu complet de sa pauvreté symbolique. Porte mon silence dans le tien, et laisse-les exister ainsi, souffle-t-elle d’un regard.

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S
Cette dernière phrase...<br /> Quelle beauté !<br /> Je crois que mon regard l'a déjà sussurée. Merci de l'avoir ainsi formulée.
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C
<br /> Je crois bien avoir hésité à l'enlever, ou la formuler différement... Merci de ton retour: encore une fois, faire confiance à ce qui vient spontanément, plus qu'aux<br /> jugements qui viennent ensuite !<br /> <br /> <br />
B
Je suis désolé, souvent très obscur. Je tacherai d’être plus clair une fois prochaine. Merci de ta gentille réponse.
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C
<br /> faut pas être désolé ! ;-) L'effort que me demande cette obscurité là, me rend difficile l'entrée en propos, mais c'est mon problème... y en a qui aiment !<br /> <br /> <br />
B
Le libre se mesure au temps qu’il dure ou à l’effroi qu’il répand. Le besoin ordonne au silence des mots de manifester le souffle qui les fait exister. Aphone, dis-tu ? Mais avec quelle dextérité l’ampleur qui se tait nous conjoint cependant à l’écho de nos mutations.
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C
<br /> Suis content et soulagé: j'ai trouvé plus amphigourique que moi !!! ;-) Ceci dit, après un peu de concentration, je crois avoir compris la dernière phrase et en trouve<br /> le sens très beau, et la sonorité aussi.<br /> <br /> <br />