Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

Publicité

à notre savoir, le sentir doit suppléer


Par le corps un autre chemin se dessine. S’impose. La décision est une capitulation devant ses forces maîtresses, ne laissant d’autre alternative que la souffrance. Souffre ou change. Et, encore, la décision est pauvre : elle préfère la souffrance tant que son poids est moindre que celui du changement. Il faudra attendre la bascule, sous la flèche du temps, qu’elle avance jusqu’au point où quelque chose de l’insupportable s’annonce. Là, tout d’un coup, la décision semble décider. Elle capitule, en fait. Elle renonce. Sans pourtant assumer sa défaite, à se faire croire que toute la gloriole lui revient, quand c’est l’organisme qui règne souverain, modeste, discret, mais d’une masse implacable. Nous avons beau connaître, le danger, la promesse de maladie, la complication, le risque, il en faut la manifestation concrète, jusqu’à la zone la plus perturbée, pour qu’enfin toute la conscience, toute la sagesse, s’accomplissent en geste, en soins. C’est qu’à notre savoir, le sentir doit suppléer, bien souvent, pour que s’agisse enfin l’évidence – si bien prononcée, si mal réalisée. A notre concevoir, le réel doit brutaliser, à notre pensé, la brûlure doit enseigner, pour que le mot se gorge de sang, que la parole se forge de sens, et qu’à la place du discours prennent possession le geste concret de ce lieu difficile, au-delà des théories : changer.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Je pourrais ici laisser tes mots, pour te dire l'impact du partage de l'indicible, l'envoûtement de se sentir moins seul dans l'oeuvre de l'autre,<br /> la douceur des âmes conniventes.<br /> <br /> Pour tout ça, merci.
Répondre
C
<br /> Tant mieux... J'en suis ravi.<br /> <br /> <br />
S
Changer pour jouir simplement du présent, de la présence au monde ? Est-ce bien ce que vous enseigne le corps ?
Répondre
C
<br /> Ca aussi, mais là, surtout le passage du "je sais ce que je dois changer" à "je change" dont la science ne suffit pas, intellect impotent jusqu'à ce que quelque chose<br /> du corps prenne le relais et précipite (dans les deux sens du terme) le changement, active le passage... pour finalement s'approcher toujours mieux mais jamais parfaitement d'une présence qui jouit<br /> mieux, oui, mais aussi s'active, se soigne, se relie différement.<br /> <br /> <br />