Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

Trouver encore une fois, dans l’alcôve secrète, le refuge, un moment de paix, simplement. Sous les touches chaudes et douces d’un piano, derrière les volets baissés qui éloignent d’un peu tout ce qui dehors attend, déposer le temps sur un coussin, au fond d’une corbeille en osier où plus rien ne l’interpelle. Pour se reposer de l’incessante rencontre, pour esquiver l’avec et raccommoder le raccommodable de soi. Avoir pour l’intériorité l’occasion d’un regard, d’une attention. Un espace où peut se questionner le lieu d’être, la nature des présences, où peut se mesurer la consistance des nébulosités intimes, la complétude et ses fractions nécessaires où s’asseyent les connivences et où se creusent les distances à tout ce qui entoure ce corps où je m’appartiens. Sans grand dessein, faillir au rythme des attentes et trouver là, peut-être, la nourriture d’une attente plus grande, plus fondamentale, plus impérieuse, que toutes celles qui, impériales, s’annoncent invariablement et à grand bruit aux portes de nos jours fragiles.