Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
J’attends. Non, ce n’est pas moi qui attends. C’est mon être. Ce n’est pas ma décision d’attendre. Ma vague décision, c’est de me soumettre à cette attente dont mon être est tout entier rempli. En attendant, je ne fais rien. Entendons-nous, ce rien n’est...
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Par le corps un autre chemin se dessine. S’impose. La décision est une capitulation devant ses forces maîtresses, ne laissant d’autre alternative que la souffrance. Souffre ou change. Et, encore, la décision est pauvre : elle préfère la souffrance tant...
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A son immédiateté reconnue, la présence se déclare, nue et véritable. Bonne ou mauvaise ne la concerne pas, seule de son phénomène, son apparition, suffisante, permise. Aux qualificatifs, sa valeur se défile, mais qualifiée, sa nature se dessine. Toute...
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En force ce qui passe fait un manque, une absurdité. L’effort qui n’a pas désiré se replie sans fin à son début, son initial entêtement, vide et creux. Ses réussites ont toujours le goût de l’échec, et la leçon à tirer n’est rien d’autre que son absence,...
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La vie questionne ce que le corps n’a pas encore expérimenté. La tête donne des réponses fragiles comme des os de verre, au premier mouvement fissurés. Je me cherche une signification pour demain, alors que je n’ai pas celle d’aujourd’hui. Et je me heurte...
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Le vent du sud. L’air du lac. Le vol des rapaces, très haut dans le ciel, les hirondelles, l’herbe grasse. Je m’y suis installé comme un œuf fragile, en gestation. Un seul espace où respirer tient debout, donne l’odeur des choses, rend l’haleine de mes...
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Il faudra bien que j’arrête. Pas la substance le problème : ma posture existentielle. Le rituel, le moment. L’attitude qui la nourrit. Le refuge, l’arrêt, le refus. Passivité, victime, attente, indolence, retrait. Quitter. Et aller vers. Commencer réellement...
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Plus une seule parole. La voix s’est tue. Le long des jours, d’approches en approches, toujours mutique au plus près de son ombre. Rien. Jamais ne s’est-elle ainsi rendue pauvre d’elle-même, absente à toute articulation, recluse, pierre dans la pierre....
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Un espace pour être. Au simple contact des nuages. Dans l’onde soyeuse d’une musique. La corde du temps donne du mou. Des marges spacieuses dans l’instant. Jeu dans les articulations de présence. Un souffle de tout son tranquille poids, sa pleine mesure...
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Cette phase où les mots s’absentent, disparaissent. Même pas du silence, plutôt une sécheresse, un oubli, une vacuité. Il s’y trouve un sentiment de pont. Quelque chose se quitte, quelque chose s’approche, et depuis l’entre-deux, aucune des deux berges...
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