Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
Tout ce qui dort sous la neige. Dans cet hiver de longue et froide haleine. Cet impénétrable brouillard, Ce mur blanc qui fait un cercle autour de moi. La beauté et le piège. L’enchantement et son silence. Son obscure clarté. Comme le coton de cet encerclement...
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Tous ces corps et le tien. Tous ces corps et le mien. Ces symboles qui ne me parlent que de loin, ne me disent rien au fond, en surface oui, je sais, je comprends mais dans le fond, non, je ne comprends rien. Bruit, confusion, distance. Une vague peur...
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Calme. Le souffle régnant, maintenant. Les notes d’un piano recouvrant doucement le voile de pensées. Suspendu. Comme cette lumière pâle à travers la fenêtre, les branches enchevêtrées dehors, le profil d’une ruine plus loin, dans le contre-jour. Une...
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Je suis là, vertical dans cette illusion oublieuse des horizons, où je ne m’occupe de rien, sinon de puiser à la source de ces secondes sans histoire, d’en épuiser le puits vertical, au point que chacune ressemble à la suivante, semblable d’une étrange...
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Assis devant les nuages, un jour, assis devant le lac, un autre. Assis là, devant les masques opaques, d’air et d’eau, de brumes et de vagues, assis dans un espoir, une attente, une quasi-prière. Une prière de souffle, dont la respiration régulière adresse...
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Et le souvenir d’hier. Je suis moins seul. Ce lieu est moins seul. Je suis seul à ressentir ce sentiment, mais je vois bien qu’il y a moins de solitude qu’il n’y en a d’habitude, à être là, seul. Une légère modification, subtile transformation de cet...
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Pour la première fois aujourd’hui, j’abandonne un instant le face-à-face aveuglant qui me confronte à la blanche et impénétrable lueur de mon sentiment pour regarder dans le blanc des yeux celle qui pourrait bien être à la source de cette confusion :...
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Les feuilles des arbres qui commencent à tomber. Je regarde. Le défilé des saisons m’apparait dans sa consistance, depuis cette lumière dehors, douloureusement belle, jusqu’aux frissons qu’il fait courir sur mes bras. Je pense à ma vie, aux changements...
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Au sol, agenouillé, sur l’herbe drue, devant la longue plaine qui s’étend d’un bord à l’autre de l’horizon. Tombé à genoux sous le ciel d’envergure, dans la molle consistance du matelas d’herbe. Avant de m’affaler, de tomber complètement, rendu au sol,...
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Je suis plus souvent avec ce que le vent de mes pensées souffle à droite et à gauche qu’avec la matière solide du moment que mon corps habite.
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