Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
Lentement, mais trop vite. Abrupt et insidieux, le déroulement des nuages, le passage des lumières, l’avancée des âges. Dans la longueur et l’invariable, tant d’infimes secousses, de sols qui s’effondrent, le dur au mou, le net au flou. Par la même voie,...
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Trouver encore une fois, dans l’alcôve secrète, le refuge, un moment de paix, simplement. Sous les touches chaudes et douces d’un piano, derrière les volets baissés qui éloignent d’un peu tout ce qui dehors attend, déposer le temps sur un coussin, au...
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Un courant d’air, à peine. A peine plus qu’un courant d’air. Une plume peut-être. Les papillons dansent là. Dans ce tourbillon. Cet à peine croyable tourbillon d’air. --- léger léger léger --- Un souffle, un seul ne saurait contenir, tant de légèreté....
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Ta parole contre la mienne, grand silence vaniteux. Ta lumière contre la mienne, folle opacité d’immatière. Une force tranquille, là-bas ---- une lutte qui ne sert qu’à tenir, ici. Nulle victoire jamais, de rémission en rémission, seulement. Ma parole...
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Au fond d’un ravin, la seule voie possible, et les jambes molles, l’épuisement jusqu’au sable entre les dents. Quand l’étau des os comprime chaque respiration, que le ciel n’a plus de place pour laisser passer les migrations d’humeur, la tête comme une...
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Troubadour, sur la route, à récolter les grappes d’images qui pleuvent. A se coltiner le chemin, la pieuvre démente sous la semelle usée. Un glaviot s’écrase dans la poussière, un caillou vole shooté par une pointe de dépit, petit bout de matière payant...
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Au pied de ce temps, se joue le chargé de vie. Là, au bord des instants, sur la frange qui s’enroule, tout contenu au frêle passage. Chaque réponse ne se donne qu’à la merci de ce glissement sans fin. Chaque appel ne s’entend qu’au présent de cette fuite...
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Rester parfaitement dans ce corps. Coller de près aux surfaces intérieures, muscles contre peaux, organes sous les os, intimement rasemblés. Pouvoir sentir la première appartenance au monde, le premier habitat. Pouvoir sentir de près, avec clarté et complétude,...
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Dans la pâte molle de cette fin de jour, cet étang de bleu où voguent les lys blancs, cotonneux, le temps patauge, rame ses secondes avec lenteur. Une suavité des instants, mille billes de ciel qui roulent mon corps vers le repos, la fatigue. En langueur...
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Ce mirage que je touche du doigt, il résiste. L’attente enceinte d’une illusion s’apprête à enfanter d’un devenir véritable. Toutes ces années. Les heures d’infini labeur dans le champ solitaire, pain du désert et soif tourmentée. Terreur indicible d’avancer...
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