Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
Ce dimanche est seul. Seul aux abords de l'été, d'un été qui peine à s'éblouir, hésite, ne s'extasie que quelques jours puis retombe en nuages désolés. La fraîcheur me va bien. La joie du soleil ne m'est pas indispensable, aujourd'hui. Un dimanche seul...
Au moulin à danses, ils virevoltent sans doute, sur leurs béquilles vacillantes, tandis que je tangue sur d'autres perches – petites pattes noires sur la piste blanche d'une feuille virtuelle. Pour une fois, ce n'est pas la peau qui fait illusion de manque,...
Il faudra bien que j’arrête. Pas la substance le problème : ma posture existentielle. Le rituel, le moment. L’attitude qui la nourrit. Le refuge, l’arrêt, le refus. Passivité, victime, attente, indolence, retrait. Quitter. Et aller vers. Commencer réellement...
J’ai bu un soupçon d’étoile Au fond de l’ignorance Vécue Dans l’ourlet de joie L’inaccessible délivrance Etincelle d’espoir J’ai su Glissée sous la langue Ténu filet de distance La césure intime Fidèle Seule voie d’être Coupure d’infime Qui mêle au monde...
(D'un click sur l'image vers le lien) Une première incription du genre dans la réalité, venue de l'extérieure... Parmi les questions que j'aurais aimé poser aux personnes du jury, celles-ci: Où est-ce qu'on se rencontre ? Avec quoi vous êtes-vous trouvé...
Par le manque. C'est par le manque qu'elle se réinvite en moi. La poésie. C'est par les mots que je lui ouvre un espace. Et par l'attention avant les mots, qui puise aux éléments les images, les tremblements, les évocations, de quoi faire vibrer la parole....
Après avoir couru follement dans le sable Où l'effort est en chaque pas comme un supplice Donnant la mesure de nos constitutions Marché quelques secondes sur les mains Par l'équilibre précaire d'un joyeux désespoir, Après s'être laissé mollement bousculer...
Je suce jusqu’à la dernière minute cette liberté de rester là, écoutant le piano et me laissant traverser par les vagues mélancoliques de mon humeur. Tentant de cueillir au fond de mon souffle quelque vérité intime, quelque regard nouveau sur mon présent...
Je frôle ce lieu de douleur où tout ce qui m’apparaît est tout ce que je n’ai pas. Je pourrais aisément m’y plonger, m’y perdre. Je pourrais me laisser prendre, m’enrouler dans ses lames acérées, m’y saigner l’âme. C’est simple, je laisse mon esprit récolter...
La folie du vent boursouflait mes pensées, face à l'étendue d'eau mouchetée de vagues. J'avais le souvenir sous le nez, d'une femme accostée, d'un à bientôt plein d'imaginables, me rentraient par tous les pores, les images, le vent, les embruns, j'avais...
Décalé. Décalé. Embarrassé. Les poids d’orgueil. Les charges passées. Les desseins tétanisés. Etouffé. Engoncé. Emprunté. L’ordre des choses. La pensée sclérose. Dans les bras, un mouvement fou, déchire une camisole. La tête secouée, repousse au loin...
Comment, enfin. Définir. Rendre à la finitude cette effusion pérenne du chaos. Mais non. S’infinir plutôt. S’acoquiner avec l’incertain, respirer le confus, embrasser l’imprévisible. Tenir et s’entretenir dans ce vacillement continu, vital. Depuis toujours...
O peut-être ta maison est-elle devenue ta prison, peut-être ce chemin si doux ne sied plus à ton pas. Décroche la lune, et regarde bien derrière. L’étoffe montée en pièce d’art s’use dans les courants du temps, n’oublie pas de bouger. Fais le tour, inspecte,...
Tout ce qui dort sous la neige. Dans cet hiver de longue et froide haleine. Cet impénétrable brouillard, Ce mur blanc qui fait un cercle autour de moi. La beauté et le piège. L’enchantement et son silence. Son obscure clarté. Comme le coton de cet encerclement...
C’est une montagne à épauler, une colossale fatigue. Et ce mur immense qui se dresse, fanfaron d’obstacle, n’offre que les traces de rejets sur sa face butée. Tous les soupirs du monde ne suffiraient pas à le renverser. C’est un fracas de coquilles qui...
J’entends encore Au fond de ma carcasse, les notes faire leur gigue tragique Mouvement d’impromptu que rien ne tait. Elles me serrent le cœur, m’agitent en poétique détresse. Saignement d’œil et compression thoracique, quelque chose dans l’entre-deux...
De temps pour la poésie je n'ai plus. Je m'interdis – une heure durant, une heure volée au jour et à ses expressions – je m'interdis toutes autres choses que cette plume, cette musique et ce ciel. Les tabourets sur mon balcon sont disposés comme des pièces...
Dans mes rêves, de larges étendues d'eau s'étirent sous un ciel d'un bleu limpide. Elles sont bordées de franges dorées, un sable ensoleillé et vierge. L'immensité du respirable et le vide des espaces. Ce sont eux qui sont peints ainsi, l'expression projetée...
Ce sont les bruits à travers le mur, ce qu’un couple peut faire dans une chambre, ce que leurs souffles trahissent en glissant sous le béton. C’est le téléphone qui sonne mais dont une force étrange nous tient éloigné, figeant le corps dans un refus,...
Il est d’autres choses que j’effleure encore et que je retiens moins, qui m’apparaissent moins fortement, mais qui pourtant ne sont pas moins signifiantes. Moins effrayantes, moins troublantes, sans doute, moins problématiques dirons-nous. Pourtant ce...
Le vent du sud. L’air du lac. Le vol des rapaces, très haut dans le ciel, les hirondelles, l’herbe grasse. Je m’y suis installé comme un œuf fragile, en gestation. Un seul espace où respirer tient debout, donne l’odeur des choses, rend l’haleine de mes...
C’est-à-dire qu’on est quand même plutôt câblé pour la survie et la copulation que pour le bonheur, à la base. Hein, tout ce brindezingue d’organisme, faut dire ce qui est, son bréviaire à lui ce serait plutôt tiédeur, sécurité et fornication. L’en a...
Ce mirage que je touche du doigt, il résiste. L’attente enceinte d’une illusion s’apprête à enfanter d’un devenir véritable. Toutes ces années. Les heures d’infini labeur dans le champ solitaire, pain du désert et soif tourmentée. Terreur indicible d’avancer...
Retrouver l’importance, la capiteuse nécessité d’y être. Sinon brassage de vent, danse d’occupation, qui ne suffisent pas, ne font pas l’affaire. On voudrait sauver l’humanité, et c’est à peine si l’on sait sauver sa peau. On voudrait régler le grand...
Sur les dunes d’oubli, nous jouerions comme deux enfants du soleil, resplendissants. La lumière caresserait tes jambes et sous le nombril épanché ta respiration. Graciles, soutenus par le vent immortel, nous serions le baiser de l’existence, l’oraison...