Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
Le petit village, en ce dimanche où j’ai pris la route sans savoir où aller. Le lac, en ce matin où il s’est dessiné par hasard le long de ma route. Je me suis retrouvé là par hasard, et par hasard m’y suis trouvé bien. Dans ce petit village bordant le...
Je sens bien que j’y suis encore, dans ce lieu que ne bouge pas, ou si peu. Ce lieu étrange d’étrangeté au monde, à soi, là où presque rien ne bouge, où presque tout attend. Je sens bien que j’y suis encore, pas tout entier, mais les deux jambes, et le...
J’y suis jusqu’au coup. Je suis cet être cassé. Méconnaissable. C’est une partie de moi qui prend le dessus. Come si je reposais tout entier sur une cheville cassée. J’ai marché, lentement, lentement, pesé de mes pas le long d’un cours d’eau qui courrait...
Tu peux rester caché. Te fondre dans l’anonymat d’une discrétion, d’une retenue, la tête basse. Tu peux rester au couvert de l’intime, sous le toit tranquille d’un confort bien connu. Tu peux t’arranger un coin d’univers où ton sang mène une vie paisible,...
Ça s’organise ainsi : par l’éclatement. Fractales dont je n’atteins jamais le cœur. Toujours la réduction renvoie à l’émiettement supérieur. C’est de vivre avec sa propre nature qui fait le chemin. C’est de ne plus s’espérer différent. Il y a quelque...
Blanche page aux lignes bleues sur lesquelles je pends un à un les maigres corps tombés du bec de ma plume. Rectangle coupé dans l’image. La joie d’ouvrir. Trouver la règle qui crée le jeu. Sauvage écriture de l’en-deça. La totale naïveté. Jusqu’à comment...
Moi non plus, je n'ai plus envie de vivre. ça. Moi aussi, je ne respire qu'au milieu de l'herbe, je ne vois que sous le grand ciel et n'éprouve de réelle douceur que dans les bras de la nature. Dénaturé, c'est son mot du moment, je suis dénaturé, ils...
Pincettes poudreuses en lesquelles les nuages s’émiettent. Neige de sel, neige de sable, neige d’étincelles. La poudre blanche des cieux tombée rapproche la terre du ciel. Les corps se remodèlent instantanément, selon leur principe, leur fine intelligence....
Elle était tellement, tellement belle dans les dernières lueurs de notre relation, dans sa longue robe flottant au sommet du salève, le soleil tombant derrière elle. Comment se pouvait-il que je ne souhaite pas passer le reste de mes jours avec cette...
Hauts stratus griffant le ciel comme cette joie contre mon cœur Et le cumulus assis au seuil de l'espace corps de présence, imbibé d'une sève d'une plénitude solide ancrée au sol, sur l'horizon plantée au fond de mon ventre Vol d'oiseaux ou passage de...
Le but n'est pas d'écrire le but est d'oublier Utiliser l'écriture. Pour oublier. Centrer sous le bec tout. Le reste disparaissant. Rien. Le but, c'est le retour au rien. A ce rien de dessous l'écriture. Bec de plume, pose l'encre. Sur la feuille. Blanche...
De cette alcôve, que je creuse d'une respiration J'aimerais pouvoir dire l'essence et la floraison la terre et le ciel Quand je peux à peine témoigner de son existence Il y aurait en moi assez de désir pour en visiter jusqu'à la plus reculée lagune le...
Frissons courant d'air palpitations vibrantes toute l'armature qui tremble de vie Plus une armature Une chair de mouvement Perpétuelle métamorphose Au contact de ce qui bouge Une joie osseuse Jusque dans la pierre La plus résistante matière Toute imbibée...
Le soleil éclatant, et le trouble en moi. Le silence du jour férié, et toute la parole derrière mes lèvres muettes. La même montagne devant moi. Les mêmes mains sous mes yeux. Le même geste. Et tout ce qui tremble, ce qui respire, et tout ce qui change...
Au crépuscule de ce qui n'aura jamais atteint le grand jour, je viens déposer contre les dernières lueurs ces quelques traces de ma présence. Je me souviendrai. Comment les heures ont lentement descendu entre nous, ployant leurs forces épaisses et douces...
J'aimerais que ces larmes qui ne sortent pas puissent être transformées en mots. Dire et faire entendre le poids de cette fatigue d'être. Que l'épuisement de ma vitalité trouve dans une parole le moyen d'être entendu. Visible à mes propres yeux. Il est...
Qu'il n'y aie pas de somme Sous laquelle étouffer Mais au contraire un dôme Immense où respirer Qu'il n'y aie à courir Qu'après ce qui me pousse En la densité claire et chaude Des veines, sèves, ruisseaux Et autres phénomènes Où la vie tremble encore...
Déjà la nuit est trop tôt venue Hier, pour ne pas annoncer Qu'un été, cet été si précieux Ne prend doucement la tangente S'éclipse en douce et éloigne De moi tout ce que j'y ai trouvé Comme si dans sa fuite promise Il pouvait par mégarde emporter Ces...
le temps livré au temps le souffle au souffle rien qui ne sépare ni nulle distance au précis des instants tous les détails la précision du regard et les perceptions délicates en plénitude d'esprit le corps laissé au corps l'attention à ce présent d'un...
Je rêve d'un corps comme dans les magasines. Les magasines pullulent de ce corps qu'il me faudrait avoir pour... Il y en a plein, il n'y a que ça. Tu ne vaux rien si tu ne ressembles pas à ces corps-là. Leurs photos, ce qu'ils racontent, le pouvoir qu'ils...
Trop d’être dans le faire, symboliquement. Une présence identitaire trop engagée dans la réduction de l’acte, qui y suffoque, s’y terrorise, insupportable méprise de l’être global figé dans le détail d’un geste. Une identité complexe toute rassemblée...
Je lis. Il pleut. Sombre. L’eau. L’océan. Présence diffuse. Les mots. L’univers du langage. De la pensée. Paradigmes. Les grands paradigmes de la pensée humaine. Il me faut les connaître. Ne pas passer sur terre et les avoir manqués. Connaître l’expérience...
I Grandes allées et vaines croix En ce ciel d’absences Creusé de larmes et de soupirs Dans le ventre des nuages Nous passons voir Ceux qui pour visage N’ont plus qu’un masque pâle Un réseau de caillou sur dalle Et la vieille femme Courbée sur l’ombre...
Quand? Cette question va droit à la perte de son sens Mais aujourd'hui encore quand? Le jour où tu me donneras réponse Alors quand mourra définitivement Il en va de ton apparition Pour l'instant à l'essoufflement d'un jour Il m'arrive encore d'entendre...
Il me faudra parcourir encore beaucoup Avant d’arriver enfin nulle part Le désossement est la structure Il nous faut parier sans cesse Nul vertige ne se consume, il s’étreint Bouillir ! Bouillir ! L’ignorance de croire savoir L’ignorance de croire et...