Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
Attendre. Respirer. Fermer les yeux. Descendre. ------------- Attendre encore. -------------- La pensée passe, fil continu, bille folle qui roule d’un vase à l’autre, saute de thème en thème, fait trois tours puis bondi vers le suivant, s’agite indéfiniment,...
I Quand touché en la nébuleuse Qui gît pâle et enroulée Gardant secrets et blessures En son sein naissant d’étoiles D’où vibrent mes angoisses Quand révélé à sa présence Dans un tremblent intérieur Par ce qu’un regard innocent Vient y déloger de tumultes...
Je ne m’y attendais pas. Je suis monté marcher avec le souvenir encore frais de l’air, du vent, des odeurs, de l’herbe foulée, des arbres amicaux, un souvenir léger, important et futile, important dans sa belle futilité. Je ne m’attendais pas à ce soleil,...
Cette phase où les mots s’absentent, disparaissent. Même pas du silence, plutôt une sécheresse, un oubli, une vacuité. Il s’y trouve un sentiment de pont. Quelque chose se quitte, quelque chose s’approche, et depuis l’entre-deux, aucune des deux berges...
Au creux de mon ventre il y a un feu. S’éteint. S’allume. Jamais au hasard. Comme le livre qui vous vole le sommeil et celui qui vous y emmène. Des gestes d’évidence. Des gestes d’indifférence. L’évidence est ce brasier qui fait feu de tout bois, ce mouvement...
Found a place Difficile exercice de conscience que de réaliser, de prendre la mesure, quand la réalité brute ne participe pas encore et que les éprouvés ne découlent que du jeu des pensées. Ma tête remplace ce que l’expérience ne peut encore m’apporter...
Plus une seule parole. La voix s’est tue. Le long des jours, d’approches en approches, toujours mutique au plus près de son ombre. Rien. Jamais ne s’est-elle ainsi rendue pauvre d’elle-même, absente à toute articulation, recluse, pierre dans la pierre....
Là. Dans ce petit noyau de temps. Dans cet espace réduit, confiné à presque rien. Compter les gouttes. Inspecter chaque recoin. Passer l’air au peigne fin. S’arrêter sur chaque détail et s’y perdre. S’enfoncer jusqu’au cou. Pris maintenant. Et l’envoûtement,...
Le temps retourné, au moment où. Parfois je m’arrête pour penser, mais ma pensée s’arrête et. Tu voudrais, tu as décidé que, mais tout s’immobilise. Suspendu, reste le retournement du temps. Le gisement de pensées enfouies, dont la surface inerte participe...
C’est ce grand vecteur qui vient de derrière et s’avance dans la nuit de demain. C’est lui. Lui que je tiens, construis, suis. C’est avec lui que je marchande, toutes ces étoiles, ces culs de monde à percer, ces bandes-mous d’espaces timides – troc d’infini...
no end J’attends dans le temps comme je creuserais dans la tourbe opaque, descends dans le silence comme une pierre dans la vase. Lentement, insensiblement, butant contre la matière visqueuse et lourde qui me résiste. Je commence sans y croire, pris entre...
Marcher la tête pleine de pensées, de ruminations stériles, absent à tout, à moi, au paysage, au ciel. Pas envie d’être là, ni nulle part ailleurs. Emprunté dans ma peau, emprunté par la moindre décision, emprunté d’avoir à exister, d’avoir à faire quelque...
Sans commencement ni fin, où tout s’achève et reprend, le saisissement rond survient, déploie. Il donne un rapport de pleine consistance, un contact immédiat et complet, propose une éprouvante sensualité de présence. J’aime longuement tenir sur le fil...
Dans l’effort et la dispersion, les nuages ont été oubliés. J’y reviens, dans l’abandon de cette heure, la délivrance d’un renoncement. Etrange la faculté de ne pas sentir le froid, la faim, l’absence. Vitale et morbide. Sauveuse tueuse. A la grisaille...
Ces gestes et ces attitudes qui, quelque soit l’effort pour les contrer, reviennent sans cesse. Ils parlent mieux de toi que tu ne saurais le faire. Eteindre la pensée, s’observer agir et saisir en quelques traits le portrait de soi qui se propose là....
Comme les petites choses ont perdu leur place. Comme le temps devient court. Comme le calcul empiète sur toutes les marges, la règle d’inquiétude confinant les aires de jeu à moins que rien. Il y a de la peur devant cet événement qui se profile. Un événement...
Ce matin, je me suis réveillé médium. Au labeur qui m’attendait, j’ai préféré les poèmes qui ne m’attendraient pas. Possède néant La peau sur les os Le goût de la vie Au monde Ouvert Fruit mûr Lucide rond En l'immobile Sein d’immense Silencieuse félicité...
Ecorchure céleste, pelure diaphane. L’orangé discours de bien belle contenance. Les nuages dans l’étendue font un lac. Tandis qu’au fond de la tasse scintille Ce bruit sec. Tous les matins du monde Où des siècles s’effondrent dans un chaos. Sur ma peau...
I Connue sous le jour L’harassante lumière L’incomplète plénitude II Aux feuilles qui roulent Troublées Et leur couleur étrange Un souffle odieux Saleté de temps Roule sur mes épaules Ses ruines, ses secondes Et mes tempes aux couleurs étranges Sans pouvoir...
Je retourne là où je ne suis pas. Je traverse le pont d’une musique qui fait retour, m’entraîne vers l’antériorité de mon temps, dans une mémoire imaginaire où tout de la vie est plus doux, plus intense, plus merveilleux encore. Mon corps est dehors maintenant,...
Ces jeux ne sont-ils pas les créateurs silencieux de ce que nous ne savons justement pas, ne s’articulent-ils pas dans cette zone de silence où le tissage de notre lien se prépare, se construit, encore si fragile que chaque maille laisse entrevoir tout...
Moins que sortir de là : y entrer complètement. Moins que chercher les moyens d’y échapper : apprendre à y vivre. Moins qu’imaginer l’autrement pour en échafauder les plans : accueillir l’actuel pour en reconnaître le sens. Moins que croire en la simplicité...
Ainsi dérivent les corps sur ton fleuve perdu. Malgré l’invraisemblable, malgré la brièveté, malgré le puits sans fond, ils vaquent à leurs occupations, ils se démènent, ils survivent. A peine le temps de lever la tête au ciel, pour goûter un peu, du...
A un moment donné, je vais plaquer le premier accord, expirer la première note. A un moment donné, je serai seul, là, devant la petite foule entassée dans l’ombre, peu avant le premier accord, la première note, au bord de l’espace qui nous sépare, au...
Quelque chose à ne plus remuer. Laissé là. En nature seule. Long, long, long silence. Longue pause dans le bruit. La plénitude n’a rien de normal. Quelque vide bienvenu, repose en paix, soit-il. Ne refuse pas ce contraste, d’épaule ingénue s’appose un...