Mardi 13 mai 2008


Nous aimons nous asseoir et regarder. Ne rien faire. Porter à la bouche une substance à notre goût et percevoir la saveur de cette transformation. Nous aimons nous détendre quelques instants, entre les milles et une activités de la journée. Pendant quelques minutes, nous rejoignons cette aire délivrée de toute obligation, la récréation qui nous offre le plaisir de nous recréer (dans) un espace de liberté. Nous aimons cette impression de ne plus avoir à répondre aux triviales nécessités, la sensation d’appartenir plus complètement au monde, dans sa sereine inutilité, son tranquille abandon. Rejoindre les courants de la vie qui coulent sur le terrain vallonné de l’existence, fluide aux obstacles, frayant sa voie dans les imprévisibles méandres du quotidien, souple et rebondissant toujours. C’est notre résistance docile, notre tacite insoumission qui peut exister ici. Qu’on interdise ce microscopique paradis et la révolte s’installe. Sus au traître qui empêche la vie ! Parenthèses poétiques, vacances immédiates, étourdissement du cœur qui respire dans un doux songe, lénifié de cet ailleurs qu’il habite, échappée belle par les chemins silencieux et discrets de la rêverie, détente qui vous emporte ailleurs, transfigure toutes les configurations intérieures, envol délicieux dans la nacelle d’osier, suspendue au-dessus des petites affaires et des soucis à se faire. Nous aimons cette qualité d’oubli, à l’instant où la vie nous prend si complètement qu’y être suffit. Il n’y a plus de douloureuse distance, d’aspiration inquiète aux secondes suivantes, d’attente insipide ou mortifiante. Il y a toutes ces choses que l’on aime regarder, ce corps content, cette saveur des éléments, cette petite vague légère et souriante qui nous transporte dans l’instant. Il y a l’infinité des émerveillements à sentir et à penser, le gros recueil des chimies du vent et de la terre, fécondes histoires du temps dont nous sommes enceints. Nous aimons nous découvrir si pleins de présence et de lumière, dans le lit que trace, creuse et suit notre parcours, sous le ciel azuré aux volumes si abondant d’infini que tout reste à découvrir. Nous aimons nous sentir ouverts, détaché de toute inquiétude, sans plus de retenue à vivre que la prise sur nos choix. Nous aimons plus que tout être là, vivants, tandis que d’autres ne l’ont jamais été, ne le seront jamais, ne connaîtront rien du souffle, ni ses misères ni le délice qu’il y a à respirer l’atmosphère aveugle aux destinées, pour le simple plaisir de respirer.


par complexus
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Samedi 10 mai 2008


S’occuper des liens, s’occuper des racines, visiter les sources. Déambuler lentement dans le musée de souvenirs, entouré de vieux bibelots, d’empreintes qui résonnent encore sur la peau, de marques que les affections ont laissées dans les miroirs qui jalonnent la visite. Il est bien difficile de cerner avec précision les vestiges des organes qui nous fondèrent, des voix qui nous façonnèrent, nous remplirent d’amour et d’effroi, de tendresses et de chaînes lourdes à porter. Reconnaître ce que leurs gestes ont suscités d’émoi tandis que nous n’en savions rien, tandis qu’échappaient à notre attention toutes leurs maladresses, leurs aveugles violences, le partage de leurs propres prisons. Il ne reste que de vagues intuitions, des sens corporels confus auxquels il s’agit de se rendre tout à fait disponible pour en saisir l’essence significative. Un temps, une place, un espace à créer dans l’urgence des jours, pour déficeler peu à peu les entraves, émanciper les souffles et les regards, grandir la posture, épanouir l’être. Il y a au présent assez de signes pour décrypter la dramaturgie de cette pièce dont le scénario tend à se répéter indéfiniment, trouver en soi les ressources emmurées qui viendront à déborder des barrages et emporter dans leur flot de vie toutes les anciennes barricades. Il suffit parfois d’être attentif à la sensation qui se dessine, presque insensible, en laquelle se synthétise tous les heurts et toutes les puissances, l’agripper comme une corde suspendue au-dessus de ce qui nous fige et s’envoler. Mais comprendre, dire, sentir, analyser, essayer, être entendu, expérimenter, reconnaître, accepter, disséquer, agir, se tromper, briser les croyances, accueillir les vibrations organiques, toucher la réminiscence qui éclaire, exprimer l’émotion retenue – d’hier ou d’aujourd’hui –, apprendre, réapprendre, intellectualiser, tisser du sens d’esprit, laisser venir les images, accompagner le geste, rejoindre le corps dans ses messages simples et ses évocations subtiles, s’abandonner à l’insu, à l’imprévisible, à la part involontaire de notre présence, attendre que la maturation opère, laisser le temps faire son travail, changer la perception du monde, renverser la logique attendue, faire des exercices pratiques, des actions symboliques, fuir, recommencer jusqu’au dégoût… Toutes étapes nécessaires, suffisantes, insuffisantes, triviales, futiles, incontournables, selon chaque sensibilité, personnalité, problème, rencontre, période… La complexité irréductible d’une quête à devenir sujet, je autonome et responsable, acteur de sa vie, personne entière, accomplie, accordée au flux changeant de l’existence.

 

Inviter chaque regard, chaque approche, chaque lunette, à échanger, reconnaître ses limites, ses prétentions, inviter à l’association, la communauté, la rencontre des différences, la curiosité, inviter à l’ouverture, l’assemblage, l’échange, le cumul des forces. Plutôt que le repli identitaire, voûté sur ses peurs, ses sectarismes et ses tourelles de protectionnisme imperméable, dans lequel meurent les idées, les sangs, les êtres.


par complexus
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Jeudi 8 mai 2008


La lumière remplit les choses. Se perdre en mots pour retrouver la belle confusion, qui ouvre les espaces, évase les regards, sublime la conscience. Nul autre dessein que l’état. User des mots comme d’autant de clefs pour ouvrir les portes d’un ciel sans fin. Regagner le monde dans sa folie et sa béatitude, son orgie d’éléments, sa multiplicité inaccomplie et foisonnante. Ne plus penser droit, penser courbe comme l’espace tordu dans le temps, penser en circonférences, en nappe d’huile qui s’étend sur la carte en tous sens. Abandonner le régime du contrôle et du scient. Ne plus découper et séparer, mais rassembler, rejoindre, accoler, embrasser. Sortir le langage de sa boite bien faite, comme autant d’outils en pagailles, pour se tailler une place dans le paysage. Moyen comme un autre de récupérer ce qui échappe à tout instant. Prétexte d’une légitimité composée, pour se donner le droit d’être inutile, à contempler vainement les choses que la lumière remplit, à se laisser remplir par ce ciel sans fin, son ordinaire étrangeté, son mésestimé spectacle. Récupérer quelques gouttes de rosée au creux de la fleur endormie, au réveil des ombres qui nous émeuvent, nous bousculent. Le besoin d’une distance pour être au plus près. Le besoin d’une étanchéité pour contacter. Le besoin d’un solipsisme pour se rendre à l’évidence d’une communauté. Le besoin de refuser pour permettre l’ouverture. Le besoin d’ignorer pour pouvoir rencontrer. Tous ces mouvements subtils qui donnent vie à cette chose poétique. Cette libérée présence. Celle que je m’offre comme un cadeau, comme une récompense, comme une pause, comme une délivrance, comme une nécessité, comme une récréation, comme un arc-en-ciel, un ruisseau, un nuage. Celle qui remet les choses à leur place, révèle à l’esprit combien il est dépassé à chaque instant, combien miraculeuse est sa gymnastique du sens et de l’équilibre, combien fine est la membrane qui le contient dans sa compréhension singulière du monde, combien tout cela est fragile et puissant, vulnérable et mobilisant de ressources à peine identifiées. Ô la taille de cette démesure ! Ô l’enfantement de chaque instant, dans sa ténue petitesse, sur son rail de fer et de clou, tout juste tenu dans le sol au poids de notre passage ! Ô l’ivresse ! Faut-il vraiment qu’il en soit ainsi, à si peu voir sans cesse ?! Comme j’aime ce courant qui me renverse, qui écrase tout ce que je crois connaître et maîtriser, ce déluge d’impressions fugaces qui me font sentir à quel point l’hallucination façonne la perception, tandis qu’une véritable réalité soutient à bout de bras ce que je peux être, le temps de mon vivant, moins résistant qu’un grain de sucre sous la langue des âges.


par complexus
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Dimanche 27 avril 2008


Main de printemps. Doigts entremêlés comme racines dans le cœur. Réchauffée l’échine qui grelottait dans la nuit, en quelques caresses, au contact simple d’une attention. Evasée l’iris devant les flots de lumière, la dilatation soudaine d’un feu de l’intérieur, magma blanc inondant le cerveau. La clef dans la main, ouvrir les portes, avancer comme funambule sur le fil, au péril du confort, à l’enchantement des sens et des impressions. A chaque instant peu sûr du prochain pas, obligé à la présence et à la prolongation, à la projection au devant de soi. Tout le poids des ans lancé avec ferveur vers le jour et ses lueurs incertaines, vacillantes mais si belles, si vivantes tout d’un coup. La vie qui s’exprime à travers les gestes, la vie qui passe et circule librement dans les muscles, les veines et les pensées. La vie retrouvée. En s’octroyant des permissions d’existence, découvrir les ressors inimaginés, la puissance de se trouver dans l’axe, connecté. En apprenant la patience, et d'avoir survécu assez longtemps, connaître le goût de la récompense. Préférer à la sécurité acquise, les remous et les embuscades de l’aventure. Il en faut du temps pour déconstruire les vues troublées, pour répondre aux besoins qui se cachent derrière chaque peur. Il en faut des persévérances, des mots et des maux, pour gravir les cols et voir le grand paysage, pour plus encore descendre dans la vallée affronter la bête sauvage du désir, comme un chevalier fou lancé sur l’avenue centrale, viscérale. A mesure que l’approche se fait, les murs tombent, les pièges s’évaporent comme mirages, anciennes croyances reléguées au compte des mythes et d’ignorantes obscurités. C’est comme une sortie de tunnel, le chaud soleil et la fraîche brise sous lesquels se saisit le frisson de l’existence.


par complexus
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Dimanche 13 avril 2008



Au moment où le soleil est doux et les couleurs chaudes, quand le souffle rauque du crépuscule passe dans le murmure des feuilles. A l’heure où le printemps rayonne, j’ai regardé au zénith la lune dans son hémisphère. J’ai tendu mon espoir vers le ciel, comme un poing de victoire, une arme inoffensive et belle lançant un défi aux ombres et aux ruines. Des milliers de chansons parcouraient mes veines et criaient aux nues le silence de mon âme. Je voyageais au cœur du monde, dans le souvenir et l’appel, la mémoire et l’élan, en cette union secrète de l’instant aux instants.

 

Célébrer la seconde invincible qui me pétrit de vie.

Le monde ré-enchanté et son trouble.

Parcourir encore une fois ce chemin de colline et d’enfance, de vieillesse et d’espérance, et tandis que l’air descendu de l’horizon fait des bruits de mers aux bords de mon crâne, je sens la charge de l’attente qui ne sait plus comment espérer, indélébile au creux de ma peau, je respire une larme et parle tout seul, d’une voix rompue à l’absence.

 

Il n’est pas de plus grande expérience que celle-ci, dont le contenu peut prendre toutes les formes mais n’a qu’une substance, et c’est à son aulne que me vient le désir de peser ma vie. Toujours. Alors les évidences se dessinent, les pauvretés apparaissent et se distinguent, le poids des imbécilités alourdit mes organes, et mon cœur se débat et refuse la servilité docile aux mœurs que je ne chéris ni ne peux me résoudre à comprendre tout à fait. C’est ici, au milieu de ce champ, que se révèle à mon esprit les évocations subtiles d’un bilan de vie. Si je pouvais d’un coup d’un seul tourner la page et commencer un nouveau chapitre, si le geste existait, je crois qu’à l’instant même, je l’exécuterais sans plus réfléchir, et je plongerais avec déraison dans une vie différente - sinon meilleure.


par complexus
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Lundi 7 avril 2008


Poésie solaire. Enluminure céleste. Radicale jouvence retrouvée. Lancée contre le ciel, la joie, l’humeur des cieux en extase, délicate et pleine, rocambolesque et fugitive. Sempiternelle. La chanson qui n’arrête pas. Le retour de la poésie au creux de l’homme. Il faut être délivré du souci pour accueillir la beauté du monde. Ou au contraire n’avoir pour seul échappatoire que cette même beauté, ce même mystère, au comble de la tragédie et de la douleur. Mais entre deux, dans le souci débile des petits jours, la tête s’obstine, s’enferme, se ferme. Et il n’y a plus que le souci, bête, étroit, vain. Le souci sans fond, la petite chose qui avilit, appauvrit et fait grincer les rouages de l’âme. Quand la seule chose qui semble compter, c’est ce maigre butin, cette chose à portée de main qui se rend difficile, et que le reste du monde est plongée dans une nuit d’oubli, entourant le faisceau futile d’une ombre qui échappe à l’attention. L’existence sans goût, sans saveur, qui n’est plus existence mais machinerie insensible, automatique, décolorée. Quand même au coin de l’œil il n’y a plus d’espace pour voir la pétulance d’une feuille dans le contre-jour, la souplesse gracile d’un nuage qui se contorsionne, et que la peau n’est plus reliée à la conscience alors que l’air le plus doux passe en pure perte amener son ivresse. Quand il n’y a plus assez d’esprit pour s’apercevoir des choses étranges qui se passent à chaque instant – vivre par exemple, c’est quand même assez trouble comme occupation, mine de rien.

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Dimanche 6 avril 2008

Enfin du vide, de l’espace, des bouts d’airs libres, du jeu dans les articulations géométriques de la chambre, du paysage, du ciel. Tout de suite, la respiration souffle un coup. Un grand OUF libérateur. Clavicules descendues, épaules déposées dans la poitrine, mâchoire molle et béate. Toujours ces petites tranches creusées dans la chair tendre des jours, à coups de ciseaux, à coups de pieds et d’humeurs, à coups de chansons et de cris, à coups de caresses et d’entorses. Pas lâcher la prise, monsieur, tenir bon, puis ouvrir la main, c’est le monde qui bascule, cul par terre, jambes en l’air, tête de con. Voilà. Il fait les cents pas, il apprécie la distance, il balance les bras, grands larges ouverts, qui ne buttent contre rien du tout, il y a de la place pour s’étendre, pour danser, pour culbuter. On pourrait même s’envoler. Se laisser porter par le courant. J’ai pris le ruisseau qui descend la jolie vallée, sur mon radeau d’aventure, et les pierres n’arrivent pas à m’arrêter, les chutes ne parviennent pas à me désarçonner, les eaux mortes me reposent plus qu’elles ne m’ennuient. Matin clair, soir torride, nucléaire implosion aurorale, à midi toujours pousser la voix pour féliciter le soleil qui est parvenu au somment, une fois de plus, dans l’après-midi ramer doucement et cueillir le fruit au bout de la branche, à l’aube piquer une tête en frôlant les poissons et les algues, sécher ma peau aux premières ardeurs célestes, contre la cuisse ferme et fraiche d’une nymphe immatérielle, sortie des eaux dans un miracle, au son des gouttes perlant de son talon. Dévalant toujours plus loin, sur les roues fragiles de mon embarcation, ravi des découvertes sans cesse renouvelées, râlant quand même quand elles écorchent l’épiderme et ternissent le cœur, plutôt content quand ça fait danser les genoux et les hanches. Toujours prêt à recommencer.
par complexus
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Mercredi 2 avril 2008

T’arrêter. Arrête-toi. Maintenant. Respire. Ecoute la musique. Regarde dehors. Prends le temps. Prends ce temps. Rejoins-toi. Oublie l’heure, les rendez-vous, les tâches, le contexte, oublie tout ça. Pense large. Pense minuscule. Ne pense à rien de particulier. Ouvre tout entier tes sens. Ecoute la musique, sens les petites émotions qui se déclenchent. Ferme les yeux. Sois attentif à chaque muscle qui se détend. Que se passe-t-il dans ta poitrine ? De quoi as-tu besoin, maintenant ? Dis ton nom. Répète ton nom. Rappelles-toi. Rejoins-toi. Arrête-toi. Ne pense à rien du tout. Laisse-toi bercer par ce moment qui t’appartient totalement. Regarde-toi un peu. Que deviens-tu ? Ne réponds pas. Laisse les images traverser ton paysage. Abandonne-toi à cette parenthèse. Laisse tes épaules tomber. Souffle un coup. Laisse l’heure passer, la corde glisser, les choses s’échapper. Ne juge pas, ne dis pas c’est bien c’est mal, regarde, accueille, sens. C’est bon ? Comment ça fait ? Que se passe-t-il ? Quand le visage d’un souci s’annonce, dis-lui de passer son chemin, dis-lui « plus tard, pas maintenant, merci. » Fais silence. Ecoute la musique. Touche ce que tu touches. Regarde ce que tu regardes. Respire ce que tu respires. Fais la paix, deux secondes, une minute. Une minute de paix. Allonge-la, étire-la, distille-la dans tes cellules, ta blanche pensée. Ignore. Oublie. Efface. Dessine ce corps présent, là. Reprends contact. Viens là où tu es. Arrête, arrête tout, tranche dans la journée ce petit bout d’absence. Fais le vide. Remplis-toi. Reçois tout ce qui s’est offert. Reçois maintenant tout ce qui s’est offert au long de cette journée. Goutte sans y penser à la somme, pleine d’instant. Fais un espace entre tout ce qu’il faut encore faire et être, et ne sois que cela, ce morceau de soi à l’écart, hors circuit, tranquille.

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Samedi 29 mars 2008

 

Dans les crevures du ciel, un soleil de hippie dessine les nuages psychédéliques. Des enceintes rouges et bleues, c’est une fanfare d’harmonies qui perturbent l’atmosphère dans un délire. ::::::: Enflures temporales, trous des airs, gymnastique cérébrale ::::::::::: Non, ça, c'est de l'esbrouffe, y a bien peu de matière. Seulement... cette lumière, ces voies de rayon lumineux, ces couleurs, ça donne envie de se croire ailleurs et d’inviter.


Des gestes qui ont tellement de sens qu’ils animent les rêves, peignent les caves et les arches osseuses.
Découverte de visages avenants, d’individus en route, sans cesse renouvellement du monde.
Cette chose qui passe dans les tuyaux, gonfle, pulse, bifurque, l’air, le sang, des coups et des impressions dans chaque virage, chaque contact, vous je ne vous connaissais pas encore et maintenant il y a un poids que je rencontre.

 

Invariablement.
Incessamment.
Bonjour, au-revoir, adieu.
Et la respiration.
Et le soleil hippie qui chante.
Et le grand air.
Frissons.
Soubresauts de côtes joyeuses.

 

Sentir se lancer l’éveil dans la journée, comme une bille de feu et d’eau. Viens qu’elle accompagne le mouvement, sens la portée vers toute l’incertitude, sans renoncement mais ouvert.

par complexus
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Lundi 24 mars 2008


Là, aux confins de la route. Parenthèse ouverte, fermée, rentrée dans le cœur du souvenir. En soignant les âmes de leurs maux impondérables, en jouant avec les flammes d’un grand feu, en se joignant aux courants des hautes altitudes. Réparer l’amour de vivre. Tant qu’il est encore possible. O les fleurs fanées, les racines déchirées, les terres profanées, les visages d’orchidée sèche. En tendant bien l’oreille, entendant bien la détresse et l’allégresse, la chanson des êtres humains, le refrain des cœurs animés, pouvoir espérer qu’un jour ils dansent à nouveau, ces corps perdus, ces errances sans goût, ces yeux apeurés, tristes regards éplorés. Oui, leur grand cri de joie revenu, tressaillant depuis les côtes jusqu’au ciel, l’immense appel d’une vie nouvelle, ils emplissent les poitrines qui discernent dans le brouillard et la pénombre, cette lueur d’aspect fragile, inaltérable pourtant, réchauffant les membres engourdis, éclairant les esprits confus. L’éclatante vérité de leur secret, que nul autre ne saura déchiffrer, cette assurance intime de connaître ce qui est là, au creux de soi, sous le doigt de leur seul regard. Et dans chaque objet du monde, qu’ils devinent le rêve d’une grande paix et d’une grande beauté, la chorégraphie des flocons de neige et l’harmonie soudaine.

par complexus
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Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
  • complexus
  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
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