I

 

Ne pas dire sur

Dire dans, depuis dedans

            (Comme il faudrait entre les êtres)

[Etonnante parallèle]

 

II

 

Des reflets brisés

Kaléidoscope aux fenêtres d’en face

Des antennes immobiles

Qui cueillent l’invisible

Le vol d’un regard liquide

Sa rêverie tranquille courant

            Le long des murs

            Happant les silhouettes

            La brume et le chant des airs

L’orgue de ma présence

            Aux longs tubes silencieux

Sous les doigts puissants du jour

Se laisse caresser aux effleurements de lumière

Pâlissantes horizontales

Jets de traverse aux longues mains

Qui touchant à peine plongent néanmoins

Jusqu’au tendre cœur de mes os

 

III

 

De quoi je suis fait

Au nid de l’instant

S’éprouve l’étoffe duveteuse

De cette seule présence

Toute actuelle

D’où l’élan donné puise

Renaissance possible

L’éventuel d’un envol

 

IV

 

De quoi je suis fait

Au nid de l’instant

S’éprouve l’étoffe duveteuse

D’une évidence revenue

 

V

 

Nuque s’écoulant

Comme couleuvre au sol

L’ivre souplesse

D’une paume chaude

Palpant les muscles noués

Toute imaginaire en sa nature

Toute réelle en ses vertus

 

Publié dans : L'empoésie
Samedi 21 novembre 2009

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire


I

 

Ainsi exister peut être

En quelque occasion

L’écoulement bienheureux

De toutes les affections

Un passage tranquille

Entre les heurts

Comme passe entre les gouttes

Celui auquel la chance sourit

(Quand bien même de chance il n’y a

guère qu’en vue d’esprit)

 

II

 

L’heureuse fortune

A recevoir délicatement

Mais de toute sa conscience

Quand ainsi

Le temps d’une parenthèse

L’ensemble s’arrange bien

Et vous rend la vie agréable

Sinon délicieuse

 

III

 

C’est qu’on s’y trouve bien

Dans ces mouvements d’aise

Cette légèreté de la danse solitaire

Qu’il convient malgré toutes les gênes

D’apprendre à mener de bon cœur

Avec la fuyante partenaire

Dont le corps est fait d’heures et de vents

De pleurs et de sang

C’est qu’on s’y trouve bien

Quand par quelques bonnes circonstances

Le pas et la cadence se font lestes et virevoltants

Conduisant celle qui s’y refuse

Avec la nonchalance et le contentement

De celui qui n’attend plus d’elle

Qu’elle soit autre que ce qu’elle est présentement



Publié dans : L'empoésie
Vendredi 20 novembre 2009

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire


Il me faudra parcourir encore beaucoup

Avant d’arriver enfin nulle part

 

Le désossement est la structure

 

Il nous faut parier sans cesse

 

Nul vertige ne se consume, il s’étreint

 

Bouillir ! Bouillir !

 

L’ignorance de croire savoir

L’ignorance de croire et de savoir

 

C’est de là où je n’ai pas accès

            Que pourra survenir

            L’attendu de ma plume

 

Cueillir parole comme glane en l’air le courant chaud

L’oiseau qui s’élève sans effort

 

La poésie est l’intensité du pauvre



 

Qui s’intéresse véritablement à l’autre sans l’aimer ?

 

Je creuse dans l’air

            A la petite cuillère

            De minuscules tunnels

De lumière

 

Cet épuisant repos de contempler

            D’aimer chaque seconde

            Inutilement

 

Viens me chanter ton mystère

 

Nous n’aurons pas le temps de tout rencontrer

(Tout n’aura pas le temps de nous rencontrer)

 

Il suffit de peu de terreur pour éviter d’être libre

 

Publié dans : L'empoésie
Mercredi 18 novembre 2009

Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire


I

 

Pauvre de tout maintenant

Infiniment riche en être

Comme débarrassé

Des scories et des écorces

La peau nue de mon trouble

Le souffle heurté de ma vie

Posés sur la joue du monde

A la surface des étendues

Tout contre l’espace immédiat

Sans distance aux instants

Là où pullulent les impressions

Et où domine celle d’exister

Auprès des petites choses

Qui sont là, entières et simples

Et qu’il faudra tristement quitter

Sans avoir su les aimer tout à fait

A la façon qu’elles ont d’être

Sans avoir pu bien les toucher

En leur don gratuit de substance

Sinon maladroitement

Sinon pauvrement

En ces minuscules interstices

De présence et de simplicité

 

II

 

Au cœur des mouvements

Balloté comme

            Une feuille dans le vent

            Un débris dans les courants

L’humble et misérable consistance

            Résiste impérieusement

            Respire pauvrement

Cherche à la lumière son attention

Quête à l’espace son ampleur


Publié dans : L'empoésie
Mardi 17 novembre 2009

Voir les commentaires - Ecrire un commentaire


I

 

Tout le perdu

Et aussi

Toute l’incertitude de la quête

Sans qu’aujourd’hui

Puisse d’aucune manière

S’y faire oublier

 

II

 

Ces façons qu’ont les choses

De nous rappeler au désordre

 

III

 

Je voudrais tant pouvoir renoncer

A ce mouvement qui n’accepte pas

Que le présent soit ainsi composé

Qui exige et juge sans fatiguer

Je voudrais que renoncer

Puisse n’être qu’une décision

Cette décision cent fois prise déjà

D’accepter une fois pour toutes


 

Publié dans : L'empoésie
Lundi 16 novembre 2009

Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire

Je suis donc empêché par mes exigences et pris par le soin que j’ai de protéger ma sœur. Ce que je fais et en quoi j’investis tant de mon être se tient à l’écart de la rencontre parce qu’il y a en moi une telle vulnérabilité que m’exposer sans être parfait, sans être irréprochable, inattaquable, fait une trop grande terreur pour être surmontée. Et ce que je pourrais construire de ma vie, en tant qu’être aux potentiels non ligaturés par quelque déficience mentale ou physique (ce qui est le cas de ma sœur), serait – non pas dans la réalité, mais dans l’éprouvé subjectif de mes sentiments, dans l’expérience qu’il m’est ainsi fait et à laquelle je ne peux me soustraire – ce que je pourrais construire de ma vie serait un heurt et une injustice au regard de ce qui est à sa mesure. Devenir pleinement s’accompagne d’une culpabilité – certes irrationnelle et illégitime mais non moins véritable – qui, jusque là, a empêché ce plein devenir. J’ai encore en moi, plus grand que celui d’écouter mes besoins, le souci d’être attentif à ceux de ma petite sœur handicapée. Et de les faire passer avant les miens. Au point d’ignorer encore la présence de certains d’entre eux. Cet arrangement dans lequel s’est établi l’équilibre où je peux me mouvoir sans blesser celle qui n’était que blessure, cet arrangement est devenu ma nature, mon organisation. Ainsi l’autre, tant désiré dans sa rencontre, est doublement inapprochable : je ne suis ni assez parfait pour tenir sous la pression (toute projetée) de son regard, ni assez nul pour éviter de grandir à son contact au-delà de ce que ne pourra jamais faire celle dont le sort me déchire, et duquel il faudra me dissocier.

Publié dans : Routes lointaines
Dimanche 15 novembre 2009

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

Relié

Conciliabule des sagesses intérieures
Acheter Conciliabule des sagesses intérieures
Recueil de textes
tirés du premier mouvement.
Mai-Avril 2007 / Juillet 2008

------------------------------------

Elancements et replis
Acheter Elancements et replis
Recueil de textes
tirés du deuxième mouvement.
Janvier-Juillet 2008 / Juillet 2009


-----------------------------------------

Le vague des airs
Acheter Le vague des airs
Recueil thématique
autour du "sentiment océanique"
Septembre - Novembre 2008

-----------------------------------------

Lettre aux nuages
Acheter Lettre aux nuages
Récit intimiste
d'une retraite contemplative
Mai 2002 - Avril 2003
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus